Naissance de la vie
(Dans les années 1970)
Ma seule peinture sur bois. Elle a figuré longtemps dans le hall. Des oiseaux volent, nés de la mer, du mariage entre l’eau et la chaleur. Le soleil se lève ou se couche, sur la terre ou l’océan. C’est l’« idée des premiers jours » du poème sacerdotal dans la Genèse, avant l’arrivée de l’homme.
L’Eternel arrosait les plantes, greffait des arbres, observait l’évolution des espèces, laissait glisser à grand fracas les couches tectoniques faiseuses d’Alpes et de continents. Il n’avait pas le souci des enfants révoltés, des hommes infidèles, des femmes capricieuses, que sais-je. C’était un monde sans péché. Des millénaires de Jardin extraordinaire, auxquels il lui arrive sans doute de penser encore. Pour l’humanité, il avait un projet, pas un plan. Pour être aimé, il lui fallait encore courir le risque de la liberté. Il lui fallait bara, séparer, faire du non-Dieu à mettre dans un jardin, avec un arbre au milieu et un arbre à portée de main.
