La charmille
(Années 1900)
De l’ouest elle monte lentement vers l’est, tandis que, du fond de sa clairière, le Bouddha est tourné vers le séjour des morts, où le soleil se couche.
Il m’a fallu du temps pour penser à cette voie cachée. Arracher des pins, offerts pour les grands feux. Couper des bouleaux qui empêchaient le soleil d’atteindre la maison des voisins. Attendre qu’un renard ou une fouine avale les cinq canards. Alors seulement, des petits charmes de 50-70 centimètres. Ils vont pousser rapidement.
Longtemps je les taillais à hauteur d’homme, comme on taille une haie. Puis, fatigué de ce travail, voyant les branches tendrent les unes vers les autres par-dessus le chemin de mousse, je me suis dit qu’une charmille pouvait se refermer par le haut, que ce serait une vraie charmille du temps jadis.
