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Regard d’automne vers la vallée

(2000 ?)

Automne. Regard porté du salon, de la terrasse, vers la vallée.

Après la richesse des verts multiples, vient l’éclat des couleurs automnales, et la froideur des arbres qui, lentement, ne sont plus que de bois, et ce pour plusieurs mois.

Le magnolia est encore entier. Le charme est déplumé. La haie sauvage survit au vent. On a déjà ramassé les feuilles quelques fois, au râteau et à la tondeuse.

Il faut se préparer à la tristesse des jardins. Les lierres, les bambous, les lauriers, et quelques autres plantations à verdure persistante sauvent à peine la mise.

On a beau dire que les jardins d’hiver ne sont pas tristes, qu’on peut les animer, qu’ils ont des bourgeons et prononcent des promesses de printemps. Ils sont l’hiver, le vent, le froid, les endroits où les corps s’emmitouflent, que les vieux ne fréquentent plus, où se font rares les cris d’enfants. La nature est rendue aux animaux fidèles mais qui ne chantent plus.