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La maison

(2000 ?)


Le chemin descend entre des arbustes dont la floraison varie de mois en mois au printemps. Le chemin de gravier est propre, à l’ombre des pins du voisin. Le soleil descend à l’ouest. La longue façade d’un blanc cassé, le long toit d’ardoises grises, deux cheminées éteintes, le chêne encore jeune à l’époque, les garages vides – les gens ne sont pas là – au centre, à l’arrière, un peuplier, obélisque prenant les rayons d’Aton que Nout va avaler l’espace d’une nuit. On voit le jardin avant, on devine le parc à l’arrière. C’est là qu’ils vivent, qu’ils bronzent, qu’ils jouent.

J’ai voulu magnifier la réalité d’une maison familiale, d’un toit paternel, d’une langue maternelle, d’une vie d’amour, sans bruit, sans éclat, pleine d’amour, la richesse de ce point d’attache où l’on peut toujours descendre, entrer, manger, être entendu, être respecté, se taire aussi, ce manoir où l’on reste, abrité des tempêtes du monde, protégé des crises, oasis sereine, point d’attache, valeur sûre, tout ce que j’ai voulu mettre dans le roman Le manoir.