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La vallée au ciel nuageux

(Début années 1960)

C’est un de mes premiers tableaux. J’étais seul au fond de mon jardin, qui n’était pas aménagé. Je regardais vers Florifoux et Flawinne. Le ciel est sombre. Le soleil joue dans les éclaircies. La prairie d’à côté est sauvage. Sans son impasse, ses maisons, ses plantations. Tout au plus un toit rouge. A droite, en contrebas, du côté des Trieux.

J’aimais beaucoup un tableau que Freddy avait acquis dans sa jeunesse et fait restaurer par après. Une fermette flamande, dans son hall. J’ai vu se rejoindre deux regards, celui d’un peintre que je ne connais pas et le mien, ici, avant l’aménagement de lotissement, avant la multiplication des maisons, avant les constructions wallonnes multipliées.

C’est une de mes œuvres préférées. Je lui dois encore un vernis brillant. Quand je le regarde, je sens revivre le début de mon couple, du manoir, du jardin, les années 63-64, le moment historique où nous avions la peau lisse, nos cheveux abondants et couleur naturelle, la passion des corps, l’amour frais, les espérances illimitées, les projets simples mais profonds et solides, les bases de ce qui allait suivre, les enfants en bas âge. Il faut aller bien loin, depuis, pour un paysage plus vierge, protégé pour un temps de la hausse des prix, des compagnies de lotissement, avec des vaches et des chevaux.