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Le plan d'eau

(1996 ou 1997)

Emmanuel et moi avons déraciné des épicéas. J’ai planté quelques thuyas pour une clairière. Des scouts ont creusé l’espace du plan d’eau. Alexis a parachevé leur travail insuffisant. Une toile noire dans le trou, un passage le contournant avec des dalles de pin, des pierres de taille forment une terrasse avec un banc de teck, quelques plantations fleuries. Je me souviens du premier jour où l’eau nouvelle a coulé durant de longues heures, où les premiers poissons ont été déposés, tout fous de leur libération, où les petits-enfants étaient en contemplation.

On a pris là de belles photos. Notre couple grisonne. La mamy s’entoure de quelques petits-enfants.

Alexis mettra un réverbère et une pompe.

Avec le temps, le plan d’eau a trouvé son équilibre. L’eau n’est plus verte. Les roseaux se dressent à hauteur d’homme, les iris d’eau éclatent de couleur, les nymphéas rosés s’ouvrent le matin et se ferment le soir, des plantes protègent les poissons à la fois du soleil trop fort et du héron voleur.

Souvent, l’été, en vacances, quand le matin est déjà tiède et que notre petit monde dort, j’y ai médité, dans le silence extérieur et dans le silence intérieur du quatrième état de veille sans pensée.

Une fontaine m’aurait gêné.